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Un écrivain argentin en résidence à Ouessant

Article paru dans Ouest-France, en page Finistère, jeudi 5 juin 2014.

Pour la première fois, le festival du Goéland Masqué, à Penmarc’h, invite un auteur étranger en résidence à Ouessant. C’est aussi une découverte pour l’auteur argentin Marcelo Luján.

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De gauche à droite : la photographe Laura Muñoz, qui pourrait faire la couverture de la nouvelle écrite par Marcello Luján (au centre), ici avec Catherine Le Ferrand, vice présidente du Goéland Masqué

Marcelo Luján est un citadin. Entre Buenos Aires et Madrid, l’auteur de romans noirs n’a connu que l’ambiance des grandes villes. Alors, quand les organisateurs du Goéland Masqué lui proposent de passer les quinze derniers jours de mai en résidence à Ouessant, isolé du continent, l’écrivain y voit plusieurs défis. « Il fallait que j’entre en contact avec les habitants sans parler trois mots de Français, et j’avais l’obligation d’écrire une nouvelle sur cette île que je découvrais », explique-t-il.

15 jours pour une nouvelle

Chaque année depuis cinq ans, le festival du roman policier Le Goéland Masqué, à Penmarc’h, invite deux auteurs à passer 15 jours au sémaphore du Créac’h, sur Ouessant. Ils doivent simplement écrire une nouvelle ou réaliser un carnet de dessins, publiés par le festival. Cette année, pour la première fois, l’auteur est étranger et la nouvelle sera publiée en version bilingue.

Marcelo Luján a été marqué par l’île. « Je ne suis pas superstitieux, mais la nuit, à Ouessant, j’entendais des bruits inexplicables. Ça a été très intéressant de construire une fiction dans cet environnement. » La solitude, l’isolement, la nuit, on imagine que ces éléments posent naturellement une intrigue de roman noir. « Pas forcément. Le genre noir est devenu très vaste, mais il a besoin de l’être humain, d’interactions pour exister. Et je ne pense pas que l’isolement soit un thème propice à cela. »

On retrouvera pourtant le thème de la solitude dans la nouvelle ouessantine de Marcelo Luján, en cours de finition. Il y aura aussi de la jalousie, des secrets de famille, de la manipulation. Des éléments chers à l’auteur, installé en Espagne depuis plusieurs années. « Mes deux derniers romans, La Mata Espera et Moravia (1), sont très différents, l’un se déroule dans une ville d’aujourd’hui, l’autre dans un village des années 1950. Mais les thématiques sont les mêmes, au-delà des décors, les écrivains ont toujours les mêmes obsessions qui reviennent. »

Ces obsessions, Marcelo Luján les partagera cette semaine avec des élèves finistériens. Après une intervention au collège des îles du Ponant, à Ouessant, il rencontrera les élèves du lycée de l’Élorn à Landerneau, ce jeudi après-midi, et animera une conférence et un atelier d’écriture au lycée Laennec de Pont-l’Abbé vendredi. À la fin du Goéland Masqué, Ouessant continuera d’inspirer Marcelo Luján. « Si j’ai besoin d’avoir un isolement, un décor d’île dans une histoire, ce séjour me servira de base. »

Louise CALEDEC.

(1) La Mala Espera est publiée en français aux éditions Moisson Rouge, Moravia n’a pas encore été traduit.

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