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Ouest France Finistère du 17 février 2022

Journaliste depuis 2019 à Moscou, Benoît Vitkine raconte le conflit avec l’Ukraine

Le journaliste Benoît Vitkine connaît bien la situation en Ukraine. C’est aussi la toile de fond de ses
deux polars : Donbass et Les Loups. Il sera à Penmarc’h (Finistère), vendredi 18 février 2022, pour
recevoir un prix.
Benoît Vitkine, 39 ans, est correspondant du
« Monde » à Moscou depuis 2019. Il est l’auteur de
deux polars remarqués qui ont pour cadre l’Ukraine :
« Donbass » et « Les Loups ».

Benoît Vitkine est correspondant du Monde à
Moscou, en Russie, depuis 2019. Il est l’auteur
de deux polars remarqués qui ont pour cadre
l’Ukraine : Donbass et Les Loups. Il évoque la
situation actuelle en Ukraine.

La situation en Ukraine est plus que tendue, pensez-vous que l’on se dirige vers une guerre ?
La guerre est déjà là depuis quelques années, notamment au Donbass.
Le climat général est mauvais, menaçant. Le canal diplomatique s’est refermé.
On sent que si quelque chose doit arriver, cela arrivera. Tout est prêt.

Quelle serait l’issue diplomatique à ce conflit ? Les Européens peuvent-ils faire le poids ?
Nous sommes dans le domaine de la volonté pure, comme pour les accords de Minsk (signés en
2015 pour mettre fin à la guerre en Ukraine, ils n’ont jamais vraiment été appliqués, NDLR). Pour les
Russes, depuis le début, les vrais interlocuteurs sont les États-Unis.

La région du Donbass, ligne de front secouée par la guerre
depuis 2014.

Parlez-nous du Donbass, zone frontalière entre l’Ukraine et la Russie, elle est aux premières loges du conflit ?
C’est un lieu possible d’escalade. Mais ce n’est pas nouveau, depuis 2014, dans la région du Donbass, la Russie se cache derrière ses républiques populaires (autoproclamées de
Donetsk et de Louhansk, pro-Russes, NDLR)

Les habitants du Donbass sont-ils pro-Russes ?
Le divorce avec Kiev est consommé, leur regard est tourné vers la Russie. Mais on peut très bien être russophone sans être partisan et vouloir intégrer la Russie.

Vous êtes correspondant du Monde à Moscou, pouvez-vous écrire en toute liberté ?
Oui. Ce n’est pas le cas pour une partie de la presse russe, indépendante et d’investigation. Les journalistes et leurs médias sont plus exposés, ont du mal à travail, subissent des pressions, intimidations.

Qu’est-ce qui vous a poussé à passer de l’écriture journalistique au polar ?
J’ai ressenti un besoin vital de raconter des choses, toujours avec cette guerre, je me suis pris au jeu
de l’écriture mais en gardant une volonté d’informer.

Dans votre dernier livre, Les Loups, vont décrivez un monde où la politique louvoie entre violence, manipulation et traîtrise.
C’est quoi la corruption dans ce coin-là du monde ? La corruption est présente à chaque instant, à tous les stades.

« Les Loups », de Benoît Vitkine, Les Arènes Equinox

L’héroïne Olena Hapko, la princesse de l’acier,
rappelle furieusement Ioulia Tymochenko, princesse
du gaz (ex-Première ministre ukrainienne).
Oui, je me suis inspirée de son personnage, ça s’arrête là.
Le reste, c’est de la fiction. De femme d’affaires à femme
d’État, que doit-elle faire ou accepter de faire ? La société
est bâtie sur des rapports sociaux et politiques très durs,
l’environnement l’est tout autant. Beaucoup de « Loups »
politiques et autres ont grandi au moment de la fin de
l’URSS.

Poutine est-il un de ces « loups » ?
C’est un loup d’un autre genre. Il a un rapport très
compliqué avec les oligarques, il les a muselés pour créer
les siens. L’Ukraine, indépendante pour lui, est une
incongruité, elle fait partie de l’Empire, il pardonne mal
une Ukraine qui s’émancipe. Pour lui, c’est un danger.

« Donbass », Benoît Vitkine (ed Les Arènes), 288 pages,
Prix Senghor 2020 et Prix du Goéland Masqué 2021.

Vous avez eu le prix Albert-Londres qui récompense
le meilleur reporter francophone, vous allez recevoir
le prix du Goéland masqué à Penmarc’h (Finistère).
Cela vous touche ?

Oui, bien entendu ! J’aime le contact avec le public.

C’est un vrai plaisir pour moi de faire le tour des librairies,
de discuter avec des lecteurs, même si, en ce moment,
étant donné la situation, je n’ai pas le cœur serein.

 

 

  • Benoît Vitkine sera à la librairie Dialogues à Brest, jeudi 17 février 2022 à 18 h ;
  • à la maison pour tous de Penmarc’h, en présence de Jean-Bernard Pouy, président du jury du Goéland Masqué vendredi 18 février 2022 à 18 h 30 ;
  • à la librairie L’aire de Broca, à Pont-l’Abbé, samedi 19 février 2022, à 10 h 30

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