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Ouest-France 2 nov. 2020

Laissez vous guider à travers le Finistère par les polars du bout du monde

Un meurtre en pays bigouden, une affaire au port de Brest (Finistère) : les polars sont aussi des guides de la région. À dévorer sur votre canapé avant de pouvoir retourner visiter les lieux.

Le dolmen de Quelarn, à Plobannalec, a inspiré Stéphane Jaffrézic pour son roman « Dolmen sanglant » en Bigoudennie

Entretien avec Stéphane Jaffrézic, de Concarneau, président du collectif d’auteurs l’Assassin habite dans le 29 et auteur de polars.

Les romans policiers donnent des idées de balades…

Les polars sont des vecteurs de voyage dans le département. Beaucoup de gens prennent un polar en souvenir. Ça change un peu de la carte portale ou du set de table ! C’est aussi une mine d’idées de balades pour les locaux. Ils mènent l’enquête en même temps que l’enquêteur. Et viennent sur les lieux le dimanche, avec le livre à la main.

En tant qu’auteur, vous vous déplacez sur les lieux de vos intrigues ?

Oui ! Il faut faire attention. On est obligé de vérifier, sinon on se ferait épingler par les habitants… Pour une histoire sur Nantes par exemple, j’ai demandé à un ami d’aller vérifier une rue dans la ville. Je savais qu’elle était à sens unique, mais je ne me souvenais plus dans quel sens. Je voulais faire démarrer une moto en trombe. Il fallait qu’elle parte dans la bonne direction !

Stéphane Jaffrézic.

Vous restez donc dans la région ?

Il faut être rigoureux. J’ai fait plusieurs histoires sur Concarneau, d’où je suis originaire. Et puis, pour une autre intrigue, il me fallait une cale sèche. J’ai donc situé l’histoire à Brest où il y a des radoubs. C’est tellement plus facile d’aller vérifier les lieux quand on est près. Je ne pourrais pas baser mes histoires à l’autre bout de la France ou du monde. Et les lieux peuvent donner des idées supplémentaires, du corps au récit.

Ces visites sur place vous inspirent ?

Oui bien sûr ! Par exemple pour Dolmen sanglant en Bigoudénie. J’avais presque fini l’histoire. Je me baladais entre Plobannalec et Penmarc’h, quand je vois un panneau sur la gauche : « Dolmen de Quelarn ». Curieux, je suis allé voir et j’ai découvert un panneau explicatif qui racontait qu’à l’origine, c’était un cairn avec plusieurs dolmens. Je me suis dit : « Il faut que je l’ajoute ! » Et l’histoire s’est trouvée modifiée.

Vous avez créé un collectif d’auteurs de romans policiers avec des collègues finistériens. Quel est son but ?

Le collectif a été créé en février 2018. Il a compté jusqu’à 40 auteurs, natifs ou domiciliés dans le Finistère. Beaucoup de collectifs d’auteurs portent le nom de « calibre » avec le numéro de leur département, par exemple « Calibre 35 » dans l’Ille-et-Vilaine. Mais on n’avait pas envie de s’appeler « Calibre 29 ». L’un de nous a trouvé ce nom : « L’Assassin habite dans le 29 », en forme de clin d’oeil au film d’Henri-Georges Clouzot, L’Assassin habite au 21. On crée l’événement. On organise des salons, ça donne l’occasion à des auteurs à compte d’auteur de se faire connaître. Le prochain doit avoir lieu le 20 décembre à Névez.

Vos prochains rendez-vous pour mener l’enquête

Le polar marque la pointe bretonne de son empreinte : festival du Chien jaune à Concarneau, du Goéland masqué à Penmarc’h, deux maisons d’éditions spécialisées à Quimper, les éditions Alain-Bargain et du Palémon. Et malgré ce nouveau confinement, des nouveautés sont à découvrir en cette fin d’année !

Le 10 octobre 2020, les lecteurs ont profité d’une longue séance de dédicace de Caryl Ferey et Morgan Audic pour le deuxième Retour de marée du Goéland noir. Prochain rendez-vous sur le web | DR Le Goéland masqué ne se laisse pas abattre : le festival a dû être annulé au printemps. Les organisateurs ont donc décidé d’organiser des « Retours de marée » cet automne. Quatre rendez-vous étaient prévus. Les deux premiers ont eu un beau succès en septembre et octobre.

« On a senti une attente des lecteurs », apprécie Brigitte Stéphan, cheville ouvrière du festival. Ce week-end, des lectures de romans devaient avoir lieu à Penmarc’h. Elles sont évidemment annulées. Mais les bénévoles de l’association cherchent à les enregistrer pour les proposer sur le site internet du festival. Le romancier américain William Boyle avait déjà enregistré son intervention en visioconférence. Elle devrait être mise en ligne la semaine prochaine. Surveillez le site du Goéland !

De son côté, Edilarge, la maison d’édition d’ Ouest-France , lance une nouvelle collection de polars.

Les cinq premiers titres de cette collection Empreinte sortent ces jours-ci :

Baby box de Lénaïk Gouedard,

Dossiers froids de Patrick Fouillard,

Douloureux réveil de Johan Loquet,

Le Sacrifice des oubliés de Benoît Bernier

et La Trépassée des Monts d’Arrée d’Hélène du Gouezou.

Des premiers romans qui se situent tous dans le grand ouest. Même si la question de la géographie n’est pas centrale dans la collection. « Ce n’est pas forcément indiqué dans le titre, explique Hervé Chirault, en charge de la collection chez Edilarge.

Ce n’est pas ce qu’on veut mettre en avant. Nous privilégions avant tout l’écriture, le suspens, les profils des personnages avec une épaisseur dans la psychologie. » Et parmi ces cinq nouveautés, trois sont lauréats du premier Prix du polar Ouest-France. La remise officielle des prix devait avoir lieu le 10 novembre. Le jury était composé de membres de la maison d’édition, de journalistes et d’abonnés Ouest-France. Un grand cru selon Hervé Chirault, qui a apprécié le travail d’équipe au sein de sa maison d’édition et l’implication des abonnés. Des lauréats à découvrir dès que possible auprès de vos librairies de quartier. Nombre d’entre eux continuent à prendre les commandes par le web ou par téléphone

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