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Les critiques du Goéland Masqué : « Longtemps, je me suis couché de bonne heure »


Ponchelet est en conditionnelle et doit faire ses preuves comme manutentionnaire aux éditions Condorcet. Il a purgé sa peine (pour un braquage minable) en tant que secrétaire particulier de Sholam, un détenu VIP, collectionneur, érudit et esthète, qui a fait son éducation. Aujourd’hui, Ponchelet ne demande qu’une chose, c’est qu’on lui foute la paix. Pas de chance, il découvre un jour dans son sac un manuscrit qui n’aurait jamais dû s’y trouver, et qui commence par ces mots : « Longtemps, je me suis couché de bonne heure ». Ponchelet n’a bien sûr jamais entendu parler de Marcel Proust mais cette phrase va bouleverser sa vie. Elle va devenir le principe autour duquel s’articule le monde : ceux qui se couchent de bonne heure, et les autres. Elle va être le tremplin qui lui permettra d’oser aimer une femme qui lit.
JP Gattégno manie, comme toujours, l’humour et la malice. Il adore les clins d’œil littéraires, la connivence avec son lecteur.  Mais Longtemps, je me suis couché de bonne heure va bien au-delà des aventures tragi-comiques de Ponchelet. C’est aussi une réflexion sur la lecture, l’art, la beauté, le partage, la vérité et le mensonge. Ponchelet y prend une stature de Monte-Cristo, et c’est Sholam/Faria qui mène la danse. Car si la phrase de Proust reste un symbole, c’est aussi un début, un passage, un basculement dans un monde infini, celui de la littérature. Et comme le dit Gabriel, manutentionnaire chez Condorcet lui aussi, « quand on lit la première phrase, on est foutu » ! Et c’est ça qui est bon !
Jean-Pierre Gattégno, Longtemps, je me suis couché de bonne heure, Babel

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