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Les critiques du Goéland Masqué : « L’Enfant allemand »

Voilà que Camilla Läckberg nous revient avec le 5è opus des aventures d’Erika Fälk. L’auteur avait commencé sa carrière en surfant sur la vague Millenium et le premier volet consacré à son héroïne, La princesse des glaces, avait même reçu en 2008 le Grand Prix de Littérature Policière. Depuis, Erika Fälk a grandi, elle s’est mariée et reproduite, et de livre en livre, on prend des nouvelles de tout le monde.

Comme d’habitude, il est question de secrets de famille, mais il faut bien reconnaître que même au cœur de sujets aussi graves que la seconde guerre mondiale et les scories du nazisme dont l’Europe d’aujourd’hui peine parfois à se défaire, Camilla Läckberg a du mal a sortir de Tintin au pays des Bisounours. Ses personnages, au demeurant fort sympathiques et attachants, gagnent peu en densité au fil des tomes. Ils se contentent de divorcer, se marier, avoir des enfants et les nourrir avec des purées maison, fêter des anniversaires, prendre des congés parentaux et accessoirement, contribuer à résoudre quelques meurtres.

Le problème, c’est précisément qu’on s’attache. Même si on sait d’avance que l’écriture est convenue, la construction répétitive, les histoires tirées par les cheveux, on y retourne quand même, justement pour prendre des nouvelles ! On se laisse happer par un récit peut-être pas brillant, mais intelligent, et un sens du suspens indiscutable. Alors même si la recette est éprouvée, ça ressemble un peu à ces bombons trop sucrés, qu’on engloutit jusqu’à l’écœurement en sachant qu’on regrettera, mais sur le moment, c’est tellement bon !

Camilla Läckberg, L’enfant allemand (Tyskungen), 2011, traduit du suédois par Lena Grumbach, Actes sud, Coll. Actes Noirs.

Catherine Le Ferrand

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