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Les 3 prix littéraire du Goéland Masqué + 2 Goncourt

Prix Mor Vran de la BD

Le jury du prix Mor Vran du Goéland Masqué de Penmarc’h 2019 a attribué le premier prix de la bande dessinés 2019 à Timothée de Fombelle et Christian Cailleaux, Gramercery Park aux éditions Gallimard.

Christian Cailleaux sera présent sur le festival pour l’exposition TARA et son autre livre Cahier de la mer de Chine. Christian Cailleaux est sur le festival tous les jours d’ouverture sauf le Lundi après-midi 10 juin.

New York, 1954. Sur le toit d’un immeuble, Madeleine Whitman s’occupe des ruches qui l’entourent avec une patience. Elle observe depuis son perchoir la vie des gens qui veulent être consolés.

Les abeilles, elle est tombée dedans quand elle était toute petite, sur les toits de l’Opéra Garnier, à Paris, où elle accompagnait son grand-père. Maintenant, c’est à New-York qu’elle perpétue la tradition familiale.

Dans l’immeuble d’en face, vit un dénommé George Day, un caïd de la pègre locale qui reste cloîtré chez lui, à l’exception d’une mystérieuse sortie hebdomadaire. Son comptable Foster vient souvent lui rendre visite. Sa fille Billie est régulièrement emmenée au parc par ses hommes de main, pour se dégourdir les jambes.

Les flics pistent ses allées et venues juste en bas, installés dans leur caisse. George Day a remarqué que Madeleine suit ses faits et gestes. Il se demande pourquoi une jeune femme apicultrice, élégante à souhait et veuve de surcroît, l’épie dans les moindres détails. Et si le destin les faisait se rencontrer, ils ont sûrement beaucoup de choses à se dire ?

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Prix France bleu breizh Izel

Le prix France Bleu Polar Poche a choisi de récompenser Jacky Schwartzmann pour Demain c’est loin (Chez Points).

Jacky Schwartzmann sera présent pour son autre livre Pension complète (Editions du seuil) le samedi 8 juin et le dimanche 9 juin.

« J’avais un nom de juif et une tête d’Arabe mais en fait j’étais normal. » Voici François Feldman, originaire de la cité des Buers à Lyon, plus tout à fait un gars des quartiers mais n’ayant jamais réussi non plus à se faire adopter des Lyonnais de souche, dont il ne partage ni les valeurs ni le compte épargne.

Il est entre deux mondes, et ça le rend philosophe. Juliane, elle, c’est sa banquière. BCBG, rigide et totalement dénuée de sens de l’humour, lassée de renflouer le compte de François à coups de prêt.

« Entre elle et moi, de sales petites bestioles ne cessaient de se reproduire et de pourrir notre relation, ces sales petites bêtes contre lesquelles nous ne sommes pas tous égaux : les agios. » Mais le rapport de force va s’inverser quand, un soir, François lui sauve la mise, un peu malgré lui, suite à un terrible accident.

Et la banquière coincée flanquée du faux rebeu des cités de se retrouver dans une improbable cavale, à fuir à la fois la police et un caïd de banlieue qui a posé un contrat sur leurs têtes. Pour survivre, ils vont devoir laisser leurs préjugés au bord de la route, faire front commun.

Et c’est loin d’être gagné.

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Le prix du premier roman du Goéland Masqué 2019

Le lauréat 2019 est Jean-Pierre Rumeau pour « Le vieux pays » (Albin Michel).

Jean Pierre Rumeau sera présent au festival pour dédicacé son livre lors du festival du Goéland Masqué.

« J’ai trouvé ici un cercueil inhabité, le couvercle grand ouvert, et je m’y suis installé.
Il y avait peu d’êtres vivants dans le voisinage, le lieu était selon mon cœur, inimaginable pour le commun des mortels.
J’y ai créé un vieux pays qui n’appartient qu’à moi, avec mon passé, ma loi et mes frontières, avec mon cimetière et mes souterrains. »

 

 

 

 

 

 

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Le prix Goncourt Nicolas Mathieu pour « Leurs enfants après eux »

Nicolas Mathieu est de nouveau présent à Penmarc’h !

Lauréat du prix du premier roman du Goéland Masqué en 2015 pour « Aux animaux la guerre« , il revient cette fois avec un Goncourt sous le bras pour son deuxième roman, « Leurs enfants après eux« .

Partir pour mieux revenir. C’est ce qu’a fait Nicolas Mathieu. Fils d’une comptable et d’un électromécanicien, il a rêvé de foutre le camp de sa région natale, la Lorraine, mais a voulu y revenir pour décrire la jeunesse désoeuvrés et rendre compte de la réalité des villes moyennes de France où la colère se manifeste dans un murmure aphone.

En littérature, dans le polar en tout cas, peu d’écrivains portaient ces voix-là, constatait Nicolas Mathieu dans Le Monde des livres. « On montrait rarement tous ces gens qui ont des pavillons, passent leurs week-ends entre Saint-Maclou et les grills franchisés, avec leur sentiment d’abandon, leur complexe obsidional. La France des cambrousses aussi. »

Avec ce livre, Nicolas Mathieu écrit le roman d’une vallée, d’une époque, de l’adolescence, le récit politique d’une jeunesse qui doit trouver sa voie dans un monde qui meurt. Quatre étés, quatre moments, pour raconter des vies à toute vitesse dans cette France de l’entre-deux, des zones pavillonnaires, de ZAC bétonnées et des usines fermées. Un roman de formation autant que de désillusions…

Nicolas Mathieu sera sur le festival le samedi après-midi 8 juin et dimanche matin 9 juin pour dédicacer ces livres.

Les hommes parlaient peu et mouraient tôt. Les femmes se faisaient des couleurs et regardaient la vie avec un optimisme qui allait en s’atténuant.

Une fois vieilles, elles conservaient le souvenir de leurs hommes crevés au boulot, au bistrot, silicosés, de fils tués sur la route, sans compter ceux qui s’étaient fait la malle. Irène, la mère du cousin, appartenait justement à cette catégorie des épouses délaissées.

Le cousin avait vite grandi, du coup. À seize ans, il savait tondre, conduire sans permis, faire à bouffer. Il avait même le droit de fumer dans sa chambre. Il était intrépide et sûr. Anthony l’aurait suivi jusqu’en enfer. En revanche, il se sentait de moins en moins copain avec les manières de sa famille.

Les siens, il les trouvait finalement bien petits, par leur taille, leur situation, leurs espoirs, leurs malheurs même, répandus et conjoncturels. Chez eux, on était licencié, divorcé, cocu ou cancéreux. On était normal en somme, et tout ce qui existait en dehors passait pour relativement inadmissible.

Les familles poussaient comme ça, sur de grandes dalles de colère, des souterrains de peines agglomérées qui, sous l’effet du Pastis, pouvaient remonter d’un seul coup en plein banquet. Anthony, de plus en plus, s’imaginait supérieur. Il rêvait de foutre le camp. »

« Leurs enfants après eux » éditions Actes-Sud et « Aux animaux la guerre » Actes-Sud

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Le prix Goncourt des lycéens Alice Zeniter pour « L’art de perdre »

Petite fille du silence

« Je voulais combler les silences de mon histoire ». En racontant la vie d’une famille sur trois générations entre l’Algérie et la France, Alice Zeniter signe une saisissante enquête en filiation sur les non-dits de la guerre d’Algérie.

De retour en Algérie, ce pays dont elle ne connaît guère plus qu’une fiche Wikipédia, Naïma tente de « combler les silences transmis entre les vignettes » : silences sur la guerre d’indépendance, sur l’exil des harkis, sur les camps où la France les « accueille », sur le déclassement des parents, la honte des enfants…

Son grand-père Ali, un montagnard kabyle, est mort avant qu’elle ait pu lui demander pourquoi l’Histoire avait fait de lui un harki. Yema, sa grand-mère, pourrait peut-être répondre mais pas dans une langue que Naïma comprenne. Quant à Hamid, son père, arrivé en France à l’été 1962 dans les camps de transit hâtivement mis en place, il ne parle plus depuis longtemps de l’Algérie de son enfance.

C’est un livre sur ce que signifie être immigré. Dans une fresque romanesque puissante et audacieuse, Alice Zeniter raconte le destin, entre la France et l’Algérie, des générations successives d’une famille prisonnière d’un passé tenace. Ce livre est aussi un grand roman sur la liberté d’être soi, au-delà des héritages et des injonctions intimes ou sociales. Alice Zeniter, elle même fille d’une mère normande et d’un père Kabyle met des mots sur cette interminable aphasie, celle d’une famille, qui fait écho à nos propres histoires.

Alice Zeniter est née en 1986. Elle a publié trois romans, dont Sombre dimanche (Albin Michel, 2013) et l’Oubli (Flammarion, 2015), Elle a obtenu le Prix Goncourt des Lycéens pour L’art de perdre. Elle est dramaturge et metteuse en scène de théâtre.

Alice Zeniter sera sur le festival le samedi après-midi 8 juin et dimanche 9 juin pour dédicacer ces livres.

 

Le bateau recule lentement dans les eaux du port.

Vient alors à Ali l’image étrange d’une corde attachée à l’arrière de l’énorme ferry et reliée à la côte, de sorte qu’au fur et à mesure que le bateau s’éloigne, c’est tout le pays qui est entraîné lentement mais inexorablement dans la mer : la cathédrale, la Casbah, la Grande Poste, le Jardin des Plantes, puis l’intérieur des terres qui se fait tracter à son tour et vient disparaître dans les vagues. Médéa, Bouira.

Une embardée tire sur la corde un grand coup sec : Biskra et Gardhaïa plongent à leur tour, puis Timimoum et le sable du désert qui s’écoule de la plaie ouverte par le ferry en partance. Tout le Sahara, grain par grain, disparaît dans la Méditerranée. »

Alice Zeniter, « L’art de perdre » éditions Flammarion

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