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Le Télégramme Penmarc’h du 11 juin 2019

Noir, interface, fouilles, transition et noyade

Gwenaëlle Desnoyers des éditions du Seuil, Jeanne Guyon, directrice de Rivages noir et Marie Moscoso de la maison d’édition Gallmeister.

Pour cette dernière journée du festival Goéland Masqué, à Penmarc’h, une rencontre était organisée, ce lundi matin avec les « dames du noir ». Ces professionnelles de l’édition ont apporté leur regard sur la place des femmes dans le roman noir.

Dans un monde de l’édition qui s’est largement féminisé, est-ce qu’une attention particulière est accordée à la représentation des femmes dans le roman noir ? » C’est à cette question de Brigitte Stéphan, programmatrice du festival qu’ont été invitées à répondre ces « dames du noir ».

Pour Gwenaëlle Desnoyers, responsable de la collection Cadre Noir aux éditions du Seuil, « c’est le texte qui prime même, si j’essaie d’être attentive aux auteures ». Elle fait, par ailleurs, le constat que 85 % des livres publiés sont écrits par des hommes. « Je pense que les hommes ont plus le temps d’écrire que les femmes », commente-t-elle non sans humour.

On parle du roman noir mais si on passe dans une autre branche du roman criminel, le suspense ou le roman d’énigme, on se rend compte que les femmes sont totalement majoritaires. 

« François Guérif répondrait extrêmement vivement qu’il y a eu des femmes très tôt dans la collection rivages noir : Charlotte Armstrong, Dorothy B. Hugues dont on vient de ressortir un magnifique roman. Il y a aussi des auteures plus contemporaines comme la formidable, Abigail Padgett qui a été la première femme à mettre en scène une enquêtrice psychologiquement perturbée puisqu’elle est bi-polaire. Aujourd’hui, nous publions Annie Hillerman, la fille de Tony Hillerman qui a repris le flambeau des enquêtes de son père sur les Amérindiens navajos », complète Jeanne Guyon qui a pris la suite de François Guérif aux commandes de Rivages noir. « On parle du roman noir mais si on passe dans une autre branche du roman criminel, le suspense ou le roman d’énigme, on se rend compte que les femmes sont totalement majoritaires », précise cette dernière en renvoyant au dictionnaire de Claude Mesplède.

Au tournant des années 80 des héroïnes deviennent enquêtrices, elles ont des flingues, dirigent des agences de détectives, sont inspectrices chefs et ont transformé l’image du roman.

« Un tournant dans les années 80 »

Jeanne Guyon fait aussi référence à l’ouvrage « À armes égales » de Caroline Granier, une chercheuse qui s’est intéressée aux littératures populaires et au roman policier : « Elle s’est aperçue que les femmes étaient largement cantonnées à des rôles de victimes ou d’assistantes. Elle a montré quand même une évolution caractéristique : au tournant des années 80, des auteures se sont emparées du genre en mettant des héroïnes au premier plan. Les héroïnes deviennent enquêtrices, elles ont des flingues, dirigent des agences de détectives, sont inspectrices chefs et ont transformé l’image du roman. C’est l’exemple de Sophie Chabanel qui a créé un personnage de commissaire féministe », relate l’éditrice qui, a-t-elle précisé, est entrée chez Rivages, en 1995, pratiquement en même temps que Pascal Dessaint, présent au salon et qui sort à la rentrée un nouveau livre « L’horizon qui nous manque ».

Dix-neuvième édition : le public était au rendez-vous

C’était l’un des auteurs invités à cette 19e édition du festival, dont la présidente Marie-Françoise Plouzénnec tire un bilan « très positif ». De citer des temps forts tels que la lecture d’extraits de « L’art de perdre » d’Alice Zeniter sur le port de Kérity ou de « Armen » de Jean-Pierre Abraham en haut et au pied du phare d’Eckmühl. Ou encore, la soirée Crimes et châtiments organisée au Tom Café. Plus loin, elle souligne cette « plus grande proximité voulue par les organisateurs avec les auteurs », présents tout le week-end à la salle Cap Caval.

Le public a répondu avec enthousiasme à toutes les propositions. La fréquentation est estimée à « plus de 5 000 personnes sur le salon et les différentes rencontres ».

Les auteurs français ou étrangers ont tout particulièrement apprécié la simplicité et la chaleur de l’accueil de l’équipe de bénévoles qui prépare d’ores et déjà les 20 ans du Goéland Masqué.

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