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Le Télégramme du 7 juin 2022

Au Goéland Masqué à Penmarc’h, coup de jeune sur le polar !

Chrysostome Gourio, auteur de romans pour la jeunesse, a guidé les élèves de trois écoles du Pays bigouden, dans la rédaction d’un court roman, « Noire liberté »

« Noire liberté », c’est le titre de recueil de trois histoires noires en Pays bigouden écrites par des enfants des écoles de Penmarc’h, Loctudy et Le Guilvinec. Il fait écho à une brûlante actualité, le sort des réfugiés, et renvoie au thème du festival du Goéland masqué.

« Je n’ai rien fait. C’est pas moi. C’est eux. C’est elles. Vraiment, je vous jure. Vous pensez bien que si j’étais l’auteur de textes pareils, je m’en vanterais. Je me la raconterais », écrit en préface de l’ouvrage Chrysostome Gourio, auteur de romans pour la jeunesse. Invité des trois dernières éditions du festival du Goéland Masqué, il s’est lancé, avec trois classes du Pays bigouden, dans le pari un peu fou d’écrire, en moins d’une année scolaire, un court roman à publier dans un recueil collectif.

De manière assez étonnante, les trois classes sont parties sur des histoires de réfugiés avec des
récits assez différents et assez sombres mais pas dénués d’espoir

Des histoires de réfugiés

Tout est parti de ces liens très forts créés lors de rencontres et d’ateliers d’écritures menés avec les élèves. « Je leur avais proposé trois débuts d’histoire, à eux de choisir laquelle poursuivre. Je pensais qu’ils allaient écrire dix ou quinze lignes mais certains m’ont rendu trois ou quatre pages et souvent de très bonne qualité », raconte l’auteur. D’où l’idée de monter un projet plus ambitieux et au long cours, l’écriture d’un roman parlant de liberté, thème retenu pour cette 20e édition du festival.

« De manière assez étonnante, les trois classes sont parties sur des histoires de réfugiés avec des récits assez différents et assez sombres mais pas dénués d’espoir », relate ce dernier, bluffé par la maturité et surtout la qualité d’écriture de ces écrivains en herbe âgés de 8 à 11 ans. « Le plus difficile pour eux a été de terminer l’histoire. Certains voulaient une fin ouverte, heureuse. Le plus dur est de proposer une fin qui soit réaliste », reconnait-il.

Ils se sont tous mis en scène. On retrouve aussi des éléments de décor du coin qui permettent au lecteur d’avoir des repères mais ce n’est pas du régionalisme

Une aventure collective incroyable

« Mon travail a été d’organiser le plan, de donner une unité de ton et de style mais je n’aiabsolument pas touché à la structure du texte. J’ai uniquement fait un travail d’éditeur », assureChrysostome Gourio. Pour eux comme pour lui, cela a été une aventure incroyable. « Celamontre qu’ils peuvent écrire de manière collective », explique l’auteur d’histoires fantastiquespour la jeunesse, telles que « Rufus, le fantôme » ou « Wilma, la vampire ». Il a cependant déjàécrit des polars pour adultes et se sent très à l’aise dans ce genre littéraire. Les enfants aussivisiblement. Les élèves de l’école Jean-Le Brun nous plongent dans le destin de Mina, unefillette d’origine afghane, scolarisée au Guilvinec, qui voit sa vie basculer quand ses parents décident de retourner au pays. On croise le jeune Franco-Syrien Cosmos, dans l’histoire écrite par les enfants de l’école de Larvor, à Loctudy. Et à Penmarc’h, l’actualité brûlante vient rattraper les enfants de l’école Auguste-Dupouy quand un bateau de réfugiés vient s’échouer sur l’île de Penevic.

« Ils se sont tous mis en scène. On retrouve aussi des éléments de décor du coin qui permettent au lecteur d’avoir des repères mais ce n’est pas du régionalisme », décrit l’auteur pour qui le livre peut aussi bien s’adresser aux enfants qu’aux adultes. Il sera d’ailleurs en vente au prix de 6 € dans les maisons de la presse et les librairies du secteur.

 

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