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Le télégramme du 24 mai 2023

Avec Roxane Bouchard au Goéland masqué, on goûte au sel de la mer et au québécois

Roxane Bouchard est professeure de littérature mais a aussi été équipière sur des voiliers. (Pierre-Luc Landreville)

L’auteure québécoise Roxane Bouchard sera au festival du Goéland masqué, à Penmarc’h, pour son roman « Nous étions le sel de mer ». Elle embarque le lecteur dans des histoires savoureuses de marins sur les rivages de Gaspésie et fait entendre toute la richesse de la langue québécoise.

Ce livre « Nous étions le sel de mer », dont l’intrigue se déroule en Gaspésie, est votre premier polar ?

Je ne savais même pas que c’était un polar. Pour moi, c’est plus un roman d’ambiance sur la mer. Pendant plusieurs années, j’ai été équipière à bord de voiliers et j’attendais souvent pendant un ou deux jours dans les ports et cela m’a donné à entendre des histoires de mer. Ce roman est paru il y a neuf ans, au Québec, et quand une maison d’édition de Londres a acheté les droits, l’éditrice m’a demandé d’en faire une série car cela lui rappelait les romans noirs norvégiens ou islandais. Quand elle m’a mise au défi de le faire, je suis retournée voir les pêcheurs, en Gaspésie. Le deuxième roman, « La mariée de corail », se passe aussi en Gaspésie, chez les gros crevettiers. Il doit paraître en août, aux éditions de l’Aube, et c’est un vrai polar avec une enquête policière. Le suivant, sur un bateau de chasse aux phoques, est un thriller.

Vous avez un vrai talent de conteuse, cela vient de votre culture ?

Je pense que cela vient de ma mère. Elle était enseignante et quand on était enfant, elle nous racontait des histoires, en faisant les voix des personnages, qu’elle interrompait juste au moment où il y avait le nœud parce qu’elle devait aller faire à manger. J’ai aussi été en couple avec un musicien de folklore d’un groupe assez connu, La Bottine souriante. Je me suis promenée dans différents festivals et j’ai entendu de bons conteurs. À l’université, on enseignait surtout la littérature française et un peu la littérature québécoise. Quand j’ai commencé à enseigner, je me suis passionnée pour cette littérature et cette langue dont le rythme est très proche du jazz.

Tous les dialogues, on a l’impression que vous les avez captés au retour de mer au comptoir d’un bistrot. Avec ce Québécois si savoureux qu’on entend quand on le lit !

C’est exactement ce que je voulais. Cette langue, je la trouve chantante. J’aime sa sonorité, son débit très différent de la France. Ici, il y a beaucoup d’écrivains qui pensaient qu’il fallait faire des dialogues en français et longtemps, je me suis dit qu’écrire n’était pas fait pour moi. Et finalement, j’ai décidé de le faire et tant pis si le livre ne va pas en France, au moins j’aurais fait quelque chose de juste pour ma culture. Les expressions comme « Attache ta tuque avec de la broche » qui signifie « Attention, cela va brasser », sont très imagées, très fortes, c’est ce qui me plaît dans ma langue, au-delà des blasphèmes.

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