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Carte blanche à François Bourgeon

Article paru le 6 juin dans le Télégramme

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François Bourgeon, auteur incontournable de bandes dessinées, vit dans le Pays bigouden depuis une trentaine d’années. Pour sa 14e édition, qui débute ce soir à Penmarc’h, le Festival du Goéland
masqué a choisi de lui laisser carte blanche. Rencontre avec le scénariste et dessinateur des « Passagers du vent » et du « Cycle de Cyann ».

François Bourgeon, illustre scénariste et dessinateur de bande dessinée, a élu domicile dans le Pays bigouden il y a une trentaine d’années. « Une région compatible avec mon caractère ! » Depuis l’arrivée du neuvième art au programme du Goéland masqué, il est vice-président du jury BD, avec Alain Goutal. Et cette année, le festival de littérature noire et policière a décidé de lui laisser carte blanche. Un festival que l’auteur des « Passagers du vent » apprécie particulièrement, « pour son bon esprit, et les relations saines de lecteurs à auteurs »

« Faire connaître d’autres aspects du polar »

« J’ai essayé de profiter de cette occasion pour faire connaître d’autres aspects du polar. J’ai par exemple choisi d’inviter Bob Marlu pour un concert. Un chanteur caustique, dans l’esprit des séries noires, qui est également l’auteur d’un roman policier. Côté bande dessinée, il y aura Bernard Ciccolini, qui écrit principalement des biographies, mais avec un univers sombre. J’ai décidé d’inviter aussi Briac, dont le travail est très intéressant, ainsi que le catalan Josep Homes, qui a signé avec talent une adaptation de « Millénium ». Un peu en décalage avec le thème du festival, mais dans ma sensibilité thématique du résultat de la colonisation, j’ai souhaité que Florent Grouazel, auteur d’« Éloi », participe aussi au festival ». Éric Sagot, lauréat BD de la 13e édition du Goéland masqué, sera également présent à Penmarc’h. Chaque année, un auteur est primé parmi la trentaine d’auteurs de bandes dessinées. Et François Bourgeon prend son rôle de jury très à coeur. « Le
choix définitif est toujours arbitraire, mais les commentaires doivent être fondés. Chaque année, c’est un ouvrage de grande valeur qui reçoit le prix. Ça donne l’occasion de découvrir des auteurs qu’on n’aurait jamais lus autrement. Comme tout le monde, quand on sort de son atelier, on ne passe pas son temps à se plonger dans le travail des autres ! » Un coup de coeur au cours des dernières éditions ? « « Blast », de Manu Larcenet. Il a vraiment innové dans le monde de la BD, dans l’expression, le graphisme… Nous avons d’ailleurs été dans les premiers à le primer ».

« Ça sera ma dernière série »

Après le festival, François Bourgeon retournera à la relecture de « Aubes douces d’Aldalarann », le sixième et dernier tome du « Cycle de Cyann », qui devrait sortir en septembre prochain. « Ça sera ma dernière série. Je n’ai pas envie de me mettre de pression. Il m’a fallu six ans pour faire « La petite fille Bois-Caïman ». Je vais plutôt travailler sur des livres uniques. Une histoire, c’est long à écrire… », explique celui qui s’inspire de la vie. « Des rencontres , des acquis, de la politique, de la musique… Être curieux, contrairement à la morale populaire, est une qualité essentielle. Plus on est curieux, plus on peut en faire profiter les autres, d’une manière ou d’une autre ». Par la bande dessinée, par exemple.

Pratique

Rencontre avec François Bourgeon dimanche, de 18 h 30 à 19 h 15 au Nautilus (Kérity). À noter que l’auteur ne fait aucune dédicace. « Je préfère mille fois discuter avec les gens plutôt que d’avoir le nez plongé sur une feuille ! », dit-il.

Ermeline Mouraud

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