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Atelier d’écriture du 10 juin 2019

Voici les textes de l’atelier d’écriture du 10 juin 201 animé par Jean-Christophe TIXIER lors du Festival du Goéland Masqué :

Au cours de l’atelier d’écriture qui a duré 2h30, Jean-Christophe TIXIER nous a tout d’abord proposé de visualiser tous une même scène, yeux fermés : un homme a le dos appuyé contre le phare d’Eckmühl. Il neige. L’homme est triste. Il s’éloigne.

L’animateur nous a ensuite invités à trouver comment décrire la scène à quelqu’un qui ne l’a pas vue. Montrer la tristesse, la faire ressentir, en décrivant ce qui se passe dans le corps de l’homme, son visage, son regard.

Après ce travail autour des sentiments, des sensations, de la façon dont le corps est mis en jeu, Jean-Christophe Tixier nous a demandé d’écrire un récit sur le thème de la fuite.

La consigne : en utilisant le même procédé narratif que dans l’exercice précédent, raconter qui fuit et pourquoi.

Voici donc ici quelques-uns des textes écrits par les participants :

(Christi)

(Christi)

Hagards sur le digicode, ses doigts moites retrouvent son appartement. Les premières marches d’escalier couinent sous ses Doc Martens.

Sous son blouson en cuir son dos crie. La sueur brillante strie son front. Chaotique, son sac le suit, rythmant les marches. Il ôte son pull, ses mains frétillent dans sa poche pour trouver ses clés.

40 degrés dans la cuisine…

Il ferme les yeux. Sa respiration saccadée avale les odeurs de friture dessinées en filigranes épaisses sur la plaque électrique. Bousculant de sa cuisse une chaise, ses deux mains s’appuient lourdement sur la table en formica. Bloc de post-it aveugle, perles roses du magnet rapporté d’Angleterre par Manon qui flashent dans son cerveau. Il a froid, s’enroule dans son pull, trouve un comprimé d’aspirine.

Sur le mur, face à lui, le calendrier affiche la date du 15 août : son anniversaire.

Il déglutit. Frissonnant, il s’enlace des bras pour étreindre ses fantômes. La fenêtre est à sa droite, il l’ouvre, la touffeur le serre.

Six étages. Vue sur cour. 

(Jean) Le Départ

(Jean) Le Départ

L’homme avait appuyé une épaule sur le mur du phare d’Eckmühl. Indifférent à la neige qui tombait, il fumait une cigarette roulée. Ce n’était pas sa première comme le montraient les mégots à ses pieds. Il fumait doucement, sans même paraître y prendre plaisir. Sa main tremblante portait lentement sa roulée jusqu’à sa bouche entrouverte et l’air froid transformait sa respiration en vapeur. Tout d’un coup, il se détacha du mur et se dirigea vers la sortie d’un pas traînant. Ses traces ressemblaient plus à celles d’un skieur que d’un piéton. Un autre homme le rejoignit en courant.

– Hé Jos, qu’est-ce tu fous ? Tu exagères avec ta pause cigarette, la Direction des Phares et Balises ne te paie pas pour ça ! Faut que tu remontes en haut. Il faut déneiger et dégivrer les vitres avant la nuit. Une tempête de neige ici, je n’ai jamais vu ça en trente ans de carrière !

Jos, sans rien dire, s’exécuta, les yeux rougis, le regard vague comme un moribond, le ventre noué. En montant les plus de 300 marches, il ressassait ses souvenirs avec Marie-Rose, trois ans qu’ils vivaient ensemble. Trois années de bonheur, enfin surtout au début. Sa Marie-Rose qui était retournée chez ses parents la semaine dernière après une violente dispute et avec qui il n’arrivait plus à parler même au téléphone. Et ce matin, comme tous les matins, il avait une fois de plus sonné chez les parents. Cette fois-ci, le père avait ouvert et lui avait redit que sa fille ne voulait plus le voir et qu’elle s’était embarquée, la veille, sur le Sterenn Ar Mor, un chalutier hauturier qui partait vers Terre-Neuve. Il se rappelait bien que le jeune capitaine du Sterenn Ar Mor était l’ex de Marie-Rose. Après, la tête vide d’autre chose que ses souvenirs, il avait rejoint son travail d’ouvrier d’entretien du phare, comme un automate.

Le froid inhabituel était encore plus mordant tout en haut, mais Jos n’y faisait pas attention. Sa tâche de dégivrage, bien que simple, suffisait à lui occuper l’esprit. Ses doigts devenaient douloureux, il ne s’était pas protégé, peu lui importait. Il avait juste fini quand le feu s’alluma. Il s’assit prostré, comme somnolent. Le chef l’appela par l’interphone.

– Tout marche bien ? C’est important car un de nos navires a fait demi-tour. Il rentre ce soir en panne d’instruments de navigation. Tu le connais, c’est le Sterenn Ar Mor.

(Kristine)

(Kristine)

Ses cheveux longs, ébouriffés par le vent, son visage gouttant de sueur en longues traînées piquantes, une jeune fille court à perdre haleine.

Sa jupe rouge est déchirée. Ses genoux sont écorchés. Il ne lui reste plus qu’une chaussure au pied gauche. Le lacet est défait. Elle grimace de douleur.

Le ciel, d’un bleu éclatant, sans nuage, contraste avec les murs gris des maisons du village.

Elle se tord la cheville sur les rues pavées et presque déserte. Malgré tout, elle accélère le rythme. Au loin, une camionnette blanche piquée de rouille démarre.

Son corps tendu plonge dans l’air opaque.

Où trouver refuge ? Se reposer un peu. Impossible ! Juste le désir de ne plus sentir ce corps tremblant, ruisselant de dégoût. Faire comme si tout était normal ? S’allonger dans l’herbe. Sentir le froid de la terre pour s’y cacher, s’y confondre, s’y ensevelir. Surtout ne pas crier. Entendre encore le bruit de la camionnette qui se rapproche lentement. Arrêter de respirer pour que tout cela cesse. Se soustraire du monde.

Mais le léger cliquetis du moteur, amplifié par les battements de son cœur, est là. La  camionnette roule inexorablement vers elle…

(Marie)Retrouvailles au printemps

(Marie)Retrouvailles au printemps

Un grand bâtiment rouge vermillon, rectangulaire, est comme posé au milieu d’un champ qui sent bon le foin coupé. Dans la lumière des néons de l’enseigne, on voit virevolter pistils ou étamines chargés de pollen.

On entend claquer la porte de l’établissement, en même temps que s’en échappent quelques notes d’une chanson : Fuir le bonheur de peur qu’il ne se sauve.

Elle tire sur le bout de son manteau coincé dans le battant. Les yeux lui piquent. Elle s’essuie les joues du revers de la main. Le vigile de l’entrée la regarde. S’il fait la moindre remarque, genre « Hé la belle, ton mascara a coulé et t’as le nez rouge ! »; elle va se mettre à pleurer ou lui rentrer dans le lard.

Elle démarre à une allure de sprinteuse en fin de marathon.

Les pans de son cuir ouvert valsent sur ses cuisses.

Ses cheveux battent ses oreilles – comme des ailes, pense-t-elle, ou alors comme les oreilles de mon chien quand il courait le long de la plage après les mouettes. 

Son grand sac glisse de son épaule à son coude, elle s’y cogne les genoux. Son tube de rouge à lèvres tombe et rebondit sur des tessons de bouteille avec un net tintement.

Des mecs sur le parking l’interpellent, elle sursaute et se tord les pieds. « J’aurais jamais dû mettre mes talons aiguille ! … C’est ça, ricanez, connards ! »

Elle parvient à se rétablir et dézippe son sac qu’elle a réussi à récupérer.

Elle voit que le groupe de mecs à Kro se retourne, elle suspend son mouvement et regarde avec eux la porte qui s’ouvre à nouveau.

Elle n’a pas ses lunettes mais il lui semble bien que c’est lui, en jean, chemise blanche, brun, un sosie de Sean Penn. Il sort en criant : « Aline ! » Sur fond de Only You des Platters.

Oui, c’est bien lui, c’est bien Max. Il est le seul à l’avoir jamais appelé Aline alors qu’elle se prénomme Philomène. « J’aime quand ton regard gris vire au bleu », lui disait-il et cela la faisait craquer. Aline croyait que Max s’était établi à New-York après leur rupture ; elle le pensait époux comblé d’une top-model et père de deux rejetons. Le revoir ici, dans la boîte de nuit de leurs premiers émois, c’était vraiment pas de bol.

Ne plus jamais souffrir !

Philomène extirpe son iPhone de sa besace et chausse ses besicles.

– Allo ! La pharmacie de garde ? Est-ce que je peux  passer prendre un antihistaminique?

(Odette)

(Odette)

N’étaient ses bottes blanches qui tranchaient sur le mur du phare, on ne l’aurait pas remarqué. Sa combinaison marron, avec ses deux longs zips blancs, se confondait avec les pierres.

Les mains dans les poches, il laissait la neige s’accumuler sur ses boucles brunes. Son nez gouttait, les flocons s’accrochaient à ses cils, la combinaison avait des traînées humides.

Il avait garé le camion sur le parking près du phare et, depuis, il était là appuyé contre le mur.

Il sortit de sa poche le petit couteau qui servait à castrer les porcelets. Ce matin, il n’avait pas pu. En attraper un, deux coups de couteau, le jeter, puis en saisir un autre, couper, jeter. Les hurlements, le sang, l’odeur de l’urine et de la merde! Non, il ne pouvait plus!

Il l’avait redit au père. Il allait partir, fuir tout ça. Il avait jeté les gants. Le père avait tenté de le retenir.

– Tu ne peux pas me faire ça!

Toujours la même rengaine. L’entreprise familiale et tout ce baratin, il en avait assez!

Alors il l’avait bousculé, poussé de toutes ses forces et le père était tombé au milieu de ses cochons hurlants.

Sans un regard, il était sorti, avait fauché les clés du camion et avait roulé, roulé et maintenant il était là.

(Valérie) A perdre haleine

(Valérie) A perdre haleine

Pierre, un garçon de dix ans, court dans la rue comme il n’a encore jamais couru. Ses jambes se lèvent sur un rythme effréné.

Ses cheveux blonds mi-longs volent au vent. Les muscles de son visage sont crispés par l’intensité de l’effort. Sur sa figure alternent la terreur, yeux exorbités et regard fixe, et la joie, voire presque la fierté. Ses yeux brillent de tout ça à la fois.

Il enfonce sa main droite dans la poche de son blouson et constate l’ampleur de son larcin. Au moins cinq ou six dans celle-là. Et à peu près pareil dans l’autre.

Il était en effet, il y a encore quelques instants, dans le jardin de Mr Leclerc, son maître d’école.

Il faut dire, depuis le temps qu’en classe il leur répète la même histoire. Son jardin. Ses arbres fruitiers. Son pommier.

Pierre a fini par se lancer ce défi. Aller cueillir les plus rouges.

Ses jambes lui font mal mais il ne faut pas qu’il s’arrête. Il doit maintenant retrouver le vélo qu’il a posé contre un lampadaire quelques rues plus loin. Mais dans l’affolement, il ne sait plus où. Dans le quartier, avec toutes ces maisons identiques, ces dizaines de poteaux lumineux, il ne se souvient plus.

Une tondeuse démarre qui le fait sursauter. Un cri lui échappe. Pourtant, sans se démonter, il saisit une belle grosse pomme, croque dedans, « ah ce jus ! », et accélère encore sa course.

Devant l’évidence, il a compris, en effet, que son vélo a disparu.

Et pourtant, il jubile.

(Yves B.)Fuite en blanc

(Yves B.)Fuite en blanc

L’homme est immobile. Vu d’en haut, à quinze mètres au-dessus du petit port de Saint-Pierre, ce n’est qu’un détail du champ de vision. Une casquette grise et une paire d’épaules appuyées contre le mur de pierres nues. Dans sa main, un objet rectangulaire de couleur claire. Dans le coin une tache rouge et, au milieu, des traits bleus qui commencent à baver, aux endroits où frappent les gouttes de pluie froide. Le vent de sud-ouest forcit depuis le lever du jour. Sur le sol, un sac marron informe. Fermé. À manger ? Pour savoir, il faudrait s’approcher, sentir les odeurs qui s’en échappent. Il suffirait que l’homme s’en éloigne quelques instants.

Mais il ne bouge pas. Alors l’oiseau attend en décrivant des cercles chahutés par les risées. Le vent saute par-dessus la digue et s’enroule autour du vieux phare cylindrique. Quand les tourbillons sont trop forts, il faut étendre les ailes, se laisser monter d’un coup. En haut, le courant est plus régulier. Puis piquer dans le vent vers la darse, là où tous les autres goélands sont rassemblés. Ignorer ensuite le concert de piaillements agressifs qui s’élève aussitôt. Revenir tourner au-dessus de la placette. Jon est un grisard. Il a presque atteint sa taille finale, mais son bec terne est dépourvu de la protubérance orange de l’adulte. Son plumage est encore d’un marron moucheté de taches plus claires. Son cri n’est qu’un couinement aigu incapable d’impressionner ses congénères. Et comme il vole mal, il est rejeté par la colonie des goélands argentés.

L’homme s’est accroupi. Il a plongé sa main dans le sac, puis s’est relevé. Impossible de voir mieux. Une bourrasque de neige emporte Jon vers le grand phare octogonal. Il lui faut de nombreux coups d’aile épuisants pour lutter contre le vent. Avec ses rémiges droites abîmées, ses battements restent faibles et son vol est irrégulier. Enfin, il est à nouveau au-dessus de la place. L’homme tient sa tête penchée sur le côté. Peut-être mange-t-il quelque chose. La faim mord le corps de Jon et le fait crier. Mais aujourd’hui, on ne lui jette pas le moindre morceau de pain. Il tourne sans fin alentour en piaillant de temps à autre.

L’homme a bougé. Il quitte son appui contre le mur gris. Tête penchée de côté, un bras immobile et rigide le long du corps, il se dirige à pas lents vers la route. Il a laissé le sac sur le sol. Mais il est encore trop près. Faim. Peur. Attente. Jon tourne en silence. L’homme s’arrête. De sa main gauche, il froisse l’objet blanc et le fourre dans sa poche. Une autre bourrasque plus violente propulse l’oiseau au loin. La tempête approche et une averse de flocons étend un voile blanchâtre en quelques instants. Au loin, vers la grève découverte, un autocar noir et argent approche sur la grand-route. Plusieurs battements précipités pour revenir. L’homme s’éloigne lentement en laissant derrière lui deux traînées plus sombres sur le sol. Attendre encore un peu.

Il est assez loin. Jon descend et se pose juste à côté du sac. Odeur de nourriture qui s’enfuit dans le vent. Coups de bec impatients sur la toile. Rien ne bouge. L’homme ? Il ne s’est pas retourné et marche sans hâte. La neige couvre sa casquette et ses épaules. Vite, écarter l’ouverture et donner de grands mouvements de bec afin d’éparpiller le contenu sur le sol. Odeur de poisson. Un anneau métallique brillant et ses deux clés. Des gants de travail bruns et un couteau au manche orange. Un rouleau de papier mou et souillé de coulures. Une cannette vide. Et enfin, la moitié d’un sandwich que Jon entreprend de dévorer.

L’homme s’est arrêté sur le bord de la route. La neige recouvre maintenant ses empreintes. Le sac et les objets épars disparaissent peu à peu. Jon saisit un croûton dans son bec et s’envole.  Le vent le porte en direction du bourg, loin de la colonie et des autres oiseaux qui pourraient lui disputer son pain. L’autocar a stoppé juste au pied du haut phare octogonal d’Eckmühl. La porte s’ouvre. L’homme tend son bras valide, agrippe une poignée et monte sur le marchepied. Gêné par son bras droit immobile, il se défait de son blouson blanchi de neige. Il le jette derrière lui sur le trottoir d’un geste rageur, puis disparaît dans le véhicule. Le vent hurle maintenant contre les phares et entraîne tout vers l’Est, loin de la mer et de ses affrontements. Sous les ailes de Jon, la terre n’est qu’une immense page blanche qui s’étend à perte de vue devant lui.

(Yves M.) A Dieu vat !

(Yves M.) A Dieu vat !

À ma naissance, mes parents m’ont prénommé Seif-Ed-Dine, épée de la religion. Tout un programme, n’est-ce pas ? Ce que j’en dis ? Les pauvres… Leur épée et leur religion, toutes les houris du paradis, qu’ils se les gardent donc.

L’entraîneur sportif ne tarit pas d’éloges sur l’assiduité dont je fais preuve depuis des mois. Il loue ma résistance hors du commun et mes mollets d’acier. Il me dit prêt pour la compétition. S’il savait… La piste du stade m’indiffère complètement.

Désormais, pédaler plusieurs jours d’affilée m’effraie moins ; voilà la seule chose qui compte vraiment.

J’ai quitté Oran dans la journée, prétextant un voyage à Alger. Bien sûr, j’ai pris la direction opposée. C’est à Madakh, non loin de l’anse isolée, enchâssée entre des montagnes mauves, que le taxi m’a laissé cet après-midi. Le week-end, la plage attire des familles citadines, et le reste du temps, de rares amateurs de pêche la fréquentent parfois. Quant à moi, j’ai opté pour une nuit de semaine, une nuit sombre du mois de Ramadan.

Il est déjà minuit à ma montre GPS. Je m’extrais de l’anfractuosité où j’ai pris du repos. Pas d’importun en vue. Mes frères humains, tous occupés à faire bombance ou à prier après une longue journée de jeûne, ne me dérangeront pas. Je sursaute pourtant. Un piétinement diffus, accompagné de faibles craquements, conduisent mon cœur à battre la chamade. Du calme. Les témoins de mon entreprise ne sont qu’une laie et ses marcassins qui fouissent avec application sous un bouquet de jujubiers.

Ma main tremble un peu. J’ai du mal à insérer les clés dans les cadenas, mais la porte de la cabane de plage finit par s’ouvrir. À la lueur de ma torche, je récupère le pédalo de mon oncle, y charge les bouteilles d’eau et les provisions de bouche. J’ajoute un miroir et des fusées de détresse. De quoi attirer l’attention d’éventuels navires une fois parvenu dans les eaux internationales. J’enfile un gilet de sauvetage sur ma combinaison isothermique, puis, réprimant avec peine quelques ahanements, je parviens à pousser l’embarcation jusqu’à la mer.

Le souffle venu du large est tout juste perceptible. Aucun clapotis, aucun déferlement ne brise le quasi-silence. C’est le moment ou jamais. J’extrais une boussole luminescente de ma combinaison et, à la force des jarrets, mets le cap au nord-ouest. À moi l’Espagne.

Alors que les falaises commencent à s’éloigner, j’esquisse un sourire. Je n’ai pu me retenir d’articuler un mécanique « Grâce à Dieu ».

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